Éditorial

Le souffle des portes ouvertes

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La foi en mouvement …

« Comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? » (Actes 2, 11)

Pentecôte. En ces mois de printemps, voici une fête moins scintillante que Noël, moins fervente que la semaine pascale, mais pourtant une étape immense qui nous redit la naissance de l’Église et sa vie !

Car il y a des lieux que l’on n’oublie pas. Des maisons familières, des chambres hautes où les souvenirs s’accumulent dans une lumière dorée : les repas partagés, les paroles fortes, les visages aimés. Pour les disciples à Jérusalem, cette maison était un refuge nécessaire, mais ne risquait-elle pas de devenir une prison ? C’est que l’on s’enferme parfois par crainte de l’inconnu et du grand large.

Pourtant, la Pentecôte nous raconte une tout autre histoire. Elle nous redit que la foi n’est pas une pièce close, mais un mouvement.

Tout commence par un jaillissement spectaculaire. Soudain, ce petit groupe silencieux, blotti dans sa peine, est touché par la venue de l’Esprit. Les portes ne dessinent plus des frontières, elles deviennent des seuils. C’est que l’Esprit de Dieu ne nous demande pas de rester entre nous à méditer avec piété ; il nous projette vers l’autre, vers l’étranger, vers celui dont la langue nous est inconnue mais dont le cœur brûle de la même espérance.

Et ce contraste entre le calme de la prière et l’élan de l’action dit beaucoup de notre vie de foi. Le culte, la prière sont nos haltes, notre respiration indispensable. Mais l’Esprit est ce souffle qui nous envoie vers les « Parthes, Mèdes ou Élamites » de nos propres existences — ces hommes et ces femmes que Dieu place sur nos routes quotidiennes.

Car le miracle de la Pentecôte est bien de découvrir que nos histoires si diverses peuvent se rejoindre dans un langage commun : celui de la tendresse et de l’exigence. Mystère qui certes nous précède, mais aussi nous envoie.

Puissions-nous alors oser sortir de nos chambres hautes pour écouter, au cœur de l’agitation du monde, ces mots d’ailleurs qui connaissent notre nom. Ils nous remettent debout et assurément nous convoquent à notre commune humanité.

Natacha CROS-ANCEY