Réflexions

Diaconie colmarienne : une grande traversée

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DIACONIE : UNE GRANDE TRAVERSEE  

Quels mots employer pour revenir sur l’année écoulée, des mots qui n’auraient pas été lus ou entendus maintes et maintes fois ? Comme tous les autres domaines d’activité, l’action diaconale de notre paroisse a traversé une année et demie de « navigation à vue », à inventer des voies improbables …

Rester en phase les uns avec les autres (oui, c’est ensemble que nous sommes plus forts !), échanger, saisir et abonder chaque idée pouvant permettre de lever les obstacles qui sans cesse surgissaient, chercher un « plan B », voire un plan C ou D. Il me revient les mots de mon amie Sophie il y a bien longtemps ; comme moi à l’époque elle était mère au foyer avec de jeunes enfants, investie dans l’étude (de nuit :-) et l’engagement social et ecclésial : « (des mois) dont je ne garde aucun souvenir, si ce n’est celui d’une grande journée … un peu compliquée ».

Le premier axe était : TENIR

En termes de structure : comment continuer à « faire tourner » l’AsCo Campus (accompagnement à la scolarité à Saint-Jean), avec une réduction drastique du nombre de bénévoles ? Saluer ici le dévouement de Laurence Canu, Annie et Jean Lampert, qui ont poursuivi l’accompagnement bénévole auprès des enfants et des collégiens tout au long de cette période. Saluer encore la persévérance de Aylin Kaçar, animatrice en formation grâce au soutien financier de l’Etat, et de Doreen Conte, en service civique pour Campus cette année. A bien des reprises, elles ont intégré des modifications de leurs emplois du temps pour une adaptation en temps réel aux contraintes fluctuantes imposées à tous par les mesures sanitaires, et sont restées fidèles au poste et dynamiques. Parallèlement, le pasteur Gilles Agbenokoudji, directeur de Campus, a continument veillé à renforcer l’équipe avec des jeunes en formation BAFA, des lycéens en stage … et le réseau de Campus.

Tenir en termes administratifs aussi, avec régulièrement de nouvelles circulaires à décrypter, de nouveaux arguments à poser devant telle ou telle institution, avec souvent au bout du fil des personnes elles-mêmes en attente d’éclaircissements … L’objectif était « essentiel » : rester présents auprès des familles, participer au maintien de la confiance dans ces temps troublés.

C’est ainsi que non seulement nous avons « tenu » pour la trentaine d’enfants déjà inscrits, mais nous avons pu répondre présent à une demande des assistantes sociales du CADA Victor Hugo (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) et intégrer 12 nouveaux enfants et adolescents en soutien et apprentissage du français. Au passage, l’accueil des écoliers à Saint-Jean et au Centre Théodore Monod s’est étendu à partir de janvier 2021 sur 5 jours par semaine avec toujours en parallèle, le Centre de loisirs de Campus en journée le mercredi et pendant les vacances (création théâtrale, jardinage, sortie neige, …)

Le second axe était : APPROFONDIR

Trouver les moyens de densifier l’action diaconale de notre paroisse en ces temps où les besoins sociétaux ne font que croître, et où le concept d’« Eglise liquide » fait son chemin (cf LNM 61 p.17). Après les affres du confinement « dur » du printemps 2020, le projet « Le champ des possibles », jardin nourricier et solidaire à Saint-Marc né de la réflexion du Conseil des 40, a pris son essor : voyez l’article de Anne Mellier dans les pages communes de ce numéro à la rubrique « Initiatives régionales

Et maintenant : POURSUIVRE

A travers cette « grande traversée », notre espérance n’a pas été vaine, ni nos prières, et aujourd’hui les efforts conjugués de la communauté des soignants, des équipes scientifiques à travers le monde et de la société civile nous laissent entrevoir une sortie progressive de la crise sanitaire vers un mode de vie qui de loin ne sera pas celui d’avant, et reste encore en perspective sous bien des aspects. Dans la tourmente, la conscience de l’humain dans sa communauté mondiale a été renforcée, et localement, bien des axes de solidarité nouveaux ont vu le jour.

Gardant conscience que nous vivons une période qui fera date dans l’histoire de l’humanité, que ce soit personnellement ou en tant que membres de la communauté des croyants nous ne pouvons que rester vigilants et actifs là où nous sommes, à notre échelle. La belle équipe de paroissiens qui accompagne les jardiniers au Champ des possibles en porte témoignage.

Quant à celle des animateurs de l’AsCo Campus, elle a non seulement maintenu mais encore étendu la présence active de notre communauté auprès de populations fragiles. La dernière phase en date est l’installation de la salle informatique, soutenue par l’aide de l’Etat et par l’offrande des paroissiens, dans les locaux de l’église Saint-Jean, un outil très bénéfique dans le travail pédagogique auprès des enfants, qui ouvre aussi bien des perspectives au niveau de la formation des adultes (apprentissage du français, lutte contre la fracture numérique …).

Forts de ces horizons et dans la perspective de la rentrée de septembre, je vous appelle, vous, bénévoles potentiels qui vous sentez une « fibre » éducative, dans la mesure où votre santé vous le permet, à venir réabonder l’équipe de l’AsCo Campus ou à en parler à d’autres personnes. Le bénévolat est dans l’ADN de l’AsCo qui va entrer dans sa cinquième année d’activité, né de l’engagement d’une équipe paroissiale avec le soutien actif du Consistoire de Colmar et de notre Eglise UEPAL.

Dans la reconnaissance pour toutes les façons dont vous soutenez l’action diaconale de notre communauté, je vous souhaite un été reposant, riche de sensations et de rencontres, et régénérant !

Diacre Sylvie Michel, chef de projet AsCo Campus