Réflexions

Pour un monde renouvelé

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Le monde qui vient n’est pas celui du passé

« Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite. C’est pourquoi, mes amis, dans cette attente, faites effort pour qu’il vous trouve dans la paix, nets et irréprochables. Et dites-vous bien que la longue patience du Seigneur est votre salut ! » (2P 3, 13-15a)

Mon frère, ma sœur en Christ et en humanité, peut-être le texte de ce jour fait-il résonner en vous comme en moi l’attente d’un quotidien et d’un écho du monde qui ne seraient plus troublés par l’inquiétude pour nos proches, pour le monde et pour nous-mêmes, par l’instabilité que suscitent l’incertitude, le flottement des repères que nous tenions peut-être pour immuables, par l’éloignement physique des êtres dont l’amour nourrit nos forces.

Le monde qui vient n’est pas celui du passé, c’est le principe même de la vie que de réinventer ses formes dans une Création en constant renouvellement. Le Seigneur suscite non seulement un exode nouveau, mais un monde renouvelé …

Songeons à tous les êtres que nous côtoyons sans seulement entrevoir les continents qu’ils ont franchis par mouvement de corps ou d’âme, sans mesurer l’infinie diversité des fils qui tissent l’étoffe de la vie dont nous composons nous-mêmes les couleurs par les gestes que nous posons sous le regard de Dieu, que ce soit un mot, une attitude, un regard, une expression par-delà le masque : du renvoi dans le désert de la solitude à la chaleur de l’accueil fraternel, fût-ce par un signe fugitif et ténu.

Des cieux nouveaux, une terre nouvelle … ainsi le passé ne sera plus rappelé, il ne remontera plus jusqu’au secret du cœur … ajoutait Esaïe (65, 17)

Ainsi nous ne sentirons plus le feu des brûlures qui nous ont torturés, seule une pâle auréole sur la peau nous rappellera ce qui nous a forgés à travers la justice ou même l’injustice.

Nets et irréprochables … l’un d’entre nous peut-il prétendre l’être ? C’est bien seulement dans l’infinie patience de notre Seigneur qu’est notre salut, lui qui nous enveloppe de son amour inconditionnel, lui qui nous porte à travers des abîmes qui sans son secours demeureraient infranchissables et nous laisseraient, à la lettre, la mort dans l’âme.

A l’opposé, le texte de ce jour nous exhorte à la paix. Cette paix qui repose sur la cohérence entre la Parole qui nourrit notre âme, la régénère sans cesse à travers les épreuves … et les mots, les actes, les gestes que nous posons pour traduire cette Parole par des fils aux couleurs chatoyantes dans la toile changeante de l’humanité à travers l’histoire, chemin vers le dessein de Dieu.

Protège, ô Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, ceux qui me sont chers, allège leur fardeau, fais couler sur leurs épaules le flot de ta paix. Amen.

Sylvie Michel