Éditorial

Étrangers et voyageurs sur cette terre

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Nous marchons où Dieu nous conduit

 « Mon père était un araméen errant » (Deut. 26 ;5), cette ancienne confession de foi du peuple hébreu invite à se rappeler que nous sommes tous des étrangers et voyageurs sur cette terre. Il est important de se le rappeler et le dire aux plus jeunes, surtout quand tout semble être stable. C’est aussi une manière de montrer que ce qui est un acquis ou un dû aujourd’hui peut se perdre dans un laps de temps. La guerre en Ukraine nous le rappelle.

N’est-ce pas une manière de montrer aussi que tout appartient à Dieu et vient de lui ? Certains me répondront que ce qu’ils possèdent vient de la sueur de leur front. Peut-être, mais c’est déjà une chance d’être né intelligent, fort et travailleur. D’autres n’ont pas ces qualités et auront du mal dans leur vie professionnelle. Et quel mérite avons-nous à être nés physiquement et intellectuellement aptes dans un pays développé ? Certes, on a des mérites mais au-delà, tout est grâce. Quel mérite avez-vous d’être né en France et pas au Yemen ou au Soudan ? Où là, tout intelligent ou travailleur que vous soyez, vous serez en train de mourir de faim. Ou bien d’être né en Ukraine, et là vous verrez tous vos acquis sombrer sous des bombardements russes.

Finalement nous ne méritons rien, et ce que nous avons c’est une pure grâce. Et comme le dit le Christ : « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10 ;8). Être capable de donner ,c’est dire que finalement ce que j’ai n’est que temporaire parce que dans le fond, nous ne sommes que des passeurs. Et ce que j’ai, je le tiens de Dieu.

Comment témoigner de cette gratitude auprès des jeunes ? C’est ce défi qui me met en route en partant avec les jeunes en été pour un séjour itinérant sous tente. Ce ne sont pas juste des vacances pour eux, mais ce sont des moments où ils expérimentent ce qu’est la reconnaissance, et d’être au service les uns des autres à travers les temps de réflexion et d’engament solidaire que nous leur proposerons durant le séjour.

« Étrangers et voyageurs sur la Terre,

Nous marchons où Dieu nous conduit.

Il y a des soleils et il y a des nuits.

Nous marchons où Dieu nous conduit. » (Jean-Louis Decker)

 

Pasteur Gilles Agbenokoudji, directeur de Campus – Centre Théodore Monod