Réflexions

Aumônerie ou comment vivre ensemble

aide malade

une vocation à témoigner

L’Aumônerie Protestante au sein des HCC a vu le jour en septembre 1973 avec la nomination officielle du premier aumônier le Pasteur Jean-Jacques KEGLER. Resté en poste pendant 11 ans, il a su s’inscrire avec son collègue catholique le prêtre Gilbert G’STYR, dans l’esprit œcuménique tel qu’il s’est développé par le Concile Vatican II (1962-1965).

 

Ce « Vivre Ensemble œcuménique » est encore aujourd’hui une force de témoignage et de vécu au sein de l’hôpital et au sein de l’aumônerie :  que ce soit sur le plan de notre fonctionnement au sein de notre service, les aumôniers co-habitent et  partagent les mêmes lieux, accueillent les visiteurs de la chapelle ou de passage à l’aumônerie ; sur le plan ecclésial, au moment de grandes occasions de fêtes,  les aumôniers co-célèbrent ; sur le plan de la formation, ils proposent des temps d’animation et de formation destinées à nos visiteurs bénévoles ; sur le plan des visites, ils se répartissent dans les services et le cas échéant, transmettent à leur collègue avec l’accord du patient, sa demande, en tout confidentialité.

 

« Vous êtes le sel de la terre » (Matthieu 5,13) a dit Jésus. Notre vocation à vivre ensemble à l’aumônerie consiste à témoigner ensemble notre foi universelle, dans le respect mutuel de nos convictions. Un défi et un enjeu qui demandent chaque jour à être renouvelés et placés sous le regard bienveillant de ce Dieu Tout-Autre.

Isabelle Hetzel-Paulus, aumônier protestant

Témoignage…

Vivre Ensemble… les Visiteurs bénévoles

L’aumônier protestant des HCC est entouré d’une équipe de 5 visiteurs bénévoles (une visiteuse Juliette Burgmeier au CPA, trois visiteuses Francine Jung, Bethy Gangloff et Anne-Lise Osswald aux HCC et Michel Boyer aux Trois Epis). Nos visiteurs se rendent une fois par semaine dans différents services qui leur sont attribués pour visiter l’un ou l’autre patient signalé. Tous sont formés à l’écoute et participent toutes les 6 semaines à un groupe de parole. Qu’ils soient remerciés pour leur engagement et fidélité.   Isabelle Hetzel-Paulus, Aumônier Protestant

 

  » Le visiteur bénévole de l’aumônerie protestante commence ses visites par une porte de chambre d’hôpital qui s’ouvre pour aller vers une rencontre inconnue, un patient qui vous reçoit. Le dialogue s’installe, jamais le même schéma, toujours des paroles différentes ; oui chaque patient est unique, il me le dit par tout ce qui le caractérise. Son identité, sa maladie, son âge, son histoire, c’est le patient qui me permettra de découvrir quelques facettes de sa personne si je sais l’écouter. Etre à l’écoute de la personne visitée reste la partie la plus difficile de la visite. Celui qui écoute « travaille » plus que celui qui parle. La découverte de la vie du patient vous transporte dans l’humanité véridique. La réalité d’un fardeau porté depuis plusieurs décennies, les cicatrices visibles et celles enfouies dans son âme. Les plaies qui ne guérissent pas et les joies partagées avec un inconnu, moi le visiteur. Les tourments avoués qu’à moi seul grâce au statut du visiteur neutre qui doit rester discret et même soumis au secret. Au cours des rencontres plusieurs dizaines de minutes suffiront à changer ma perception du monde qui m’entoure. Non, impossible d’oublier ces paroles dites du fond du cœur, qui permettent au patient visité de percevoir leur existence autrement. Le patient existe par son histoire, sa famille, son travail, il se retrouve par ses paroles prononcées. Le visiteur que je suis,  écoute. Oui, je prends acte des mots qu’exprime le patient. Impossible d’oublier cette dame qui m’a fait part de faits de guerre pendant l’occupation, me parlant à en perdre le souffle de l’intensité de ce qui a profondément marqué sa vie. Mais aussi cet homme bouleversé par une maladie invalidante l’empêchant d’exercer son métier prestigieux. Sans oublier cet homme balafré de multiples cicatrices horizontales et verticales inscrites sur son poitrail meurtri voulant à tout prix oublier sa maladie en restant tendu vers une fureur de vivre insatisfaite. Cette femme en fin de vie exprimant le calme et la sérénité m’adressant des paroles d’encouragements. Jamais seul dans une chambre de malade, jamais seul avec moi-même car  « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mathieu 25 : 36) « .

Michel Boyer, visiteur en cardiologie,  actuellement visiteur au Trois Epis à la MGEN